# Goby fait-il des chaussures de qualité ?

Dans un marché saturé où les promesses marketing l’emportent souvent sur la réalité technique, la question de la qualité réelle d’une marque de chaussures mérite une analyse approfondie. Goby, cette marque qui se positionne comme créatrice de chaussures au design original destinées aux femmes qui n’ont pas peur d’affirmer leur personnalité, suscite interrogations et curiosité. Entre promesses de confort avec semelles à mémoire de forme, utilisation de cuir végétalien imprimé et engagement environnemental via des certifications OEKO-TEX®, la marque adopte un discours séduisant. Mais qu’en est-il réellement de la qualité de fabrication, de la durabilité des matériaux et du rapport qualité-prix face aux acteurs établis du secteur ?

Présentation de la marque goby : positionnement et philosophie de fabrication

Goby se positionne clairement sur un segment de niche : celui des chaussures pour femmes au design expressif, ciblant une clientèle allant « des jeunes âmes folles à celles qui savent que l’âge n’est qu’un chiffre ». Cette approche marketing met en avant la personnalisation et l’originalité, avec des imprimés de papillons, de fleurs, d’églantines ou encore des messages inspirants comme « I love you to the moon and back » ou « Fashion Butterfly ». Le positionnement de Goby s’articule autour de trois piliers fondamentaux : le design distinctif, le confort technique et une démarche éthique avec l’utilisation exclusive de matériaux véganes.

La philosophie de fabrication revendiquée par la marque insiste sur plusieurs aspects techniques : l’utilisation de semelles intérieures en mousse à mémoire de forme pour l’amorti, une doublure textile chaude et respirante, ainsi qu’un traitement hydrofuge du cuir synthétique. Goby adopte une stratégie de commercialisation directe, principalement via son e-shop, ce qui lui permet théoriquement de contrôler davantage ses marges et d’offrir un rapport qualité-prix compétitif. L’entreprise propose systématiquement des semelles de rechange dans ses collections récentes, une attention pratique qui témoigne d’une réflexion autour de l’ajustement personnalisé.

Le service client semble constituer un axe prioritaire, avec une garantie de 2 ans, 30 jours pour les retours, et une livraison rapide (2 à 4 jours ouvrables via UPS, Colissimo ou GLS). Cette approche orientée vers la satisfaction client constitue un engagement non négligeable, qui distingue Goby de certains acteurs purement commerciaux du secteur. Toutefois, la question de la réalité industrielle derrière ces promesses mérite d’être approfondie pour évaluer objectivement la qualité intrinsèque des produits.

Analyse technique des matériaux utilisés dans les chaussures goby

L’examen approfondi des composants matériels constitue le socle d’une évaluation objective de la qualité d’une chaussure. Contrairement aux grandes marques qui communiquent abondamment sur leurs innovations techniques brevetées, Goby reste relativement discrète sur les spécifications exactes de ses matériaux, se contentant d’indications génériques comme « cuir végétalien de qualité » ou « semelle en thermoplastique résistant ». Cette opacité relative mérite d’être décryptée pour comprendre ce que vous achetez réellement.

Composition des semelles : polyuréthane thermoplastique versus caoutchouc naturel

D’après les fiches techniques des bottines et baskets Goby, la semelle externe est annoncée comme étant en matériau thermoplastique, généralement un polyuréthane thermoplastique (TPU) ou un mélange similaire. Ce type de semelle est aujourd’hui très répandu dans les chaussures de ville et de loisirs : il offre une bonne résistance à l’abrasion, une flexibilité correcte et un poids réduit. On est donc davantage sur une logique de confort et de légèreté que sur la robustesse extrême de certains caoutchoucs compacts utilisés, par exemple, dans la randonnée ou les chaussures de sécurité.

Face au caoutchouc naturel, souvent plébiscité pour son adhérence et sa longévité, le thermoplastique présente toutefois quelques compromis. Il a tendance à être un peu moins performant sur sols très glissants et peut se rigidifier davantage par grand froid. En contrepartie, il est plus facile à mouler en formes complexes et permet des semelles plus fines, ce qui colle bien à l’esthétique élancée et graphique des modèles Goby. Pour un usage urbain quotidien (bureau, sorties, marche modérée), cette composition se révèle adaptée, mais elle n’est pas pensée pour des conditions extrêmes ni pour un usage intensif de type professionnel.

Un point positif réside dans la mention récurrente de semelles « légères » et « flexibles ». Pour la qualité perçue, cela se traduit par des chaussures moins fatigantes à porter plusieurs heures de suite, avec un bon retour d’énergie à la marche. Dans la pratique, vous pouvez vous attendre à une semelle qui tient correctement dans le temps si vous alternez plusieurs paires, mais qui s’usera plus vite qu’un caoutchouc naturel dense si vous sollicitez la même paire Goby tous les jours sur plusieurs saisons.

Qualité des cuirs et textiles employés dans la tige

Goby fait le choix assumé du « cuir végétalien », c’est-à-dire d’un cuir synthétique imprimé, sur l’ensemble de ses collections récentes : bottines, baskets basses, modèles à talons. La marque met en avant un matériau développé spécifiquement pour permettre un rendu des couleurs très net, avec des imprimés complexes de fleurs, papillons ou messages. On n’est donc pas du tout dans la logique d’un cuir pleine fleur haut de gamme, mais plutôt dans celle d’un support technique pour le design graphique.

Sur le plan qualitatif, ce type de cuir synthétique offre plusieurs avantages : stabilité des couleurs (le motif ne se patine pas comme un cuir naturel), entretien très simple avec un chiffon humide et résistance correcte à l’humidité, surtout lorsqu’il est traité en surface comme c’est le cas ici. En revanche, il ne développera pas la même « vie » ni la même souplesse avec le temps qu’un cuir animal de qualité. Si vous cherchez une chaussure à garder dix ans et à faire ressemeler, Goby n’est pas positionné sur ce segment, mais plutôt sur la mode durable 2 à 4 saisons.

À l’intérieur, les bottines chaudes Goby utilisent une doublure textile en fibre synthétique ou mélange coton/polyester, décrite comme « douce, chaude et respirante ». D’un point de vue technique, ces doublures épaisses agissent comme une isolation thermique et limitent les points de pression. Pour les baskets basses, la marque opte pour une toile de coton (canvas) respirante, plus fine et adaptée à une utilisation de mi-saison ou d’intérieur. Dans les deux cas, on reste sur des matériaux cohérents avec une recherche de confort immédiat plutôt que de luxe artisanal.

Systèmes de renfort et contreforts : durabilité structurelle

Les descriptifs produits Goby ne détaillent pas explicitement la structure interne des renforts, mais certains indices permettent d’en déduire la logique de construction. La présence d’un « petit talon » sur plusieurs bottines, associée à une semelle en thermoplastique résistant, suggère un contrefort talon relativement rigide moulé dans la semelle, assurant la stabilité et limitant la déformation arrière au fil des pas. C’est un standard dans le milieu de gamme urbain, qui permet de maintenir le pied sans créer de zones de frottement excessives.

Les œillets en laiton et les lacets coton/polyester participent aussi, indirectement, à la durabilité structurelle. Des œillets métalliques bien sertis réduisent l’usure du matériau de tige au niveau du laçage, zone souvent critique sur les chaussures fantaisie. De même, des lacets au tissage lisse limitent les à-coups lors du serrage et répartissent la tension plus régulièrement. Ce sont des détails souvent négligés sur les chaussures très bon marché, mais qui jouent un rôle dans le maintien de la forme de la tige sur le moyen terme.

Dans les modèles à tige moyenne (hauteur d’arbre entre 15 et 19 cm), le maintien de cheville repose sur la combinaison du laçage et, pour certains modèles, d’une fermeture éclair latérale. Ce duo zip + lacets permet d’ajuster une fois la tension et de profiter ensuite d’un enfilage rapide. Sur le plan qualitatif, un zip de bonne facture, bien piqué et protégé par une sous-patte textile, limite les risques de casse prématurée et de déformation de la tige. C’est un point que l’on peut vérifier facilement à la réception : course fluide du zip, absence de jeu, lignes de couture régulières.

Procédés de tannage et traitements hydrofuges appliqués

Comme Goby utilise exclusivement des cuirs synthétiques, on ne parle pas à proprement parler de tannage, mais plutôt de formulation de polymères et de traitements de surface. La marque indique néanmoins que ses matériaux sont certifiés selon des normes telles qu’OEKO-TEX®, ce qui signifie qu’ils ont été testés pour la présence de substances nocives au-delà de seuils stricts. Pour l’utilisateur final, cela se traduit par une exposition réduite à certains solvants, colorants ou plastifiants problématiques.

Les chaussures sont livrées avec un « traitement de surface imperméabilisant du cuir artificiel », annoncé comme prêt à affronter l’humidité automnale. Techniquement, ce type de traitement consiste en un film hydrophobe appliqué sur la face externe du synthétique, qui fait perler l’eau et retarde la pénétration de l’humidité. Ce n’est pas une imperméabilité absolue comme sur une botte en caoutchouc, mais une protection suffisante pour la pluie urbaine, les trottoirs mouillés ou les éclaboussures occasionnelles.

Comme tout traitement de surface, l’hydrofugation perdra progressivement en efficacité, surtout si vous nettoyez vos chaussures avec des produits agressifs ou des brosses dures. Si vous souhaitez prolonger la durée de vie du traitement, il est judicieux d’utiliser périodiquement un spray imperméabilisant compatible avec les matières synthétiques. En respectant ces précautions d’entretien simples, vous pouvez maintenir un bon niveau de protection à l’eau tout en évitant le craquelage prématuré de la tige.

Méthodes de construction et assemblage des modèles goby

Au-delà des matériaux, la qualité d’une chaussure dépend fortement de la manière dont ces éléments sont assemblés. Goby ne se positionne pas sur le créneau de la chaussure de cordonnerie traditionnelle, mais sur celui de la chaussure de mode urbaine industrielle. Il est donc logique que les méthodes de construction privilégient les procédés modernes de collage et de piquage, optimisés pour des séries moyennes plutôt que pour des productions entièrement artisanales.

Pour évaluer la qualité réelle des chaussures Goby, il faut donc comparer leurs choix de construction à ceux de marques de gamme similaire, tout en gardant en tête l’objectif principal : proposer des chaussures confortables, véganes et esthétiquement originales. La question n’est pas de savoir si Goby rivalise avec un soulier Goodyear cousu main à 400 €, mais si, pour une chaussure imprimée à 80–140 €, la construction est cohérente, fiable et bien exécutée.

Techniques de couture : point blake versus goodyear welt

Les communications de Goby ne mentionnent ni construction Blake ni Goodyear, ce qui est déjà un indice : dans cette gamme de prix et pour des chaussures à semelle thermoplastique, la quasi‑totalité des modèles du marché sont construits en cemented, c’est‑à‑dire avec une semelle collée plutôt que cousue à travers. Visuellement, l’absence de trépointe (la bande de cuir qui court tout autour de certains souliers haut de gamme) et la finesse du profil de semelle confirment cette hypothèse.

Le point Blake et surtout le Goodyear Welt sont des techniques de couture plus coûteuses, qui permettent le ressemelage et visent une durée de vie de 8 à 15 ans, voire plus. Goby, avec ses imprimés très marqués et ses matériaux synthétiques, s’inscrit dans une logique différente : renouveler plus souvent les designs et proposer une chaussure confortable pour plusieurs saisons, sans prétendre à la réparabilité extensive d’un soulier classique. Cette approche n’est pas un défaut en soi, mais il est important que vous sachiez ce que vous achetez : une chaussure de mode qualitative, pas une chaussure de patrimoine.

Cela ne signifie pas pour autant que la couture est absente. Les coutures visibles sur la tige, autour des œillets, du col et parfois en périphérie de la semelle jouent un double rôle : esthétique et structurel. Une couture bien réalisée (points réguliers, fils sans bouloches, absence de surpiqûres ratées) est un bon indicateur de sérieux industriel. Lors de la réception d’une paire Goby, n’hésitez pas à inspecter ces zones : c’est un peu comme vérifier les finitions d’un vêtement, un détail qui en dit long sur le contrôle en production.

Procédés de collage et adhésifs utilisés pour la fixation

Dans une construction collée, la qualité des adhésifs et des protocoles d’assemblage est centrale. Goby ne détaille pas les formulations chimiques de ses colles (ce qui est classique dans le secteur), mais on peut supposer l’usage de colles polyuréthane ou néoprène à base aqueuse ou solvant, compatibles avec les matériaux thermoplastiques et les doublures textiles. Les normes environnementales européennes et les certifications type OEKO-TEX® incitent d’ailleurs de plus en plus les fabricants à réduire les solvants les plus agressifs.

Concrètement, un bon collage se reconnaît à l’absence de décollement au niveau de la jonction tige/semelle, même après quelques torsions manuelles de la chaussure. Si vous achetez des bottines Goby, vous pouvez faire ce test à réception : pliez légèrement l’avant de la chaussure et vérifiez qu’aucune lèvre de semelle ne se soulève, notamment sur les zones de flexion. Un collage bien maîtrisé garantit une bonne tenue pendant plusieurs saisons d’usage normal, là où des constructions moins rigoureuses montrent parfois des décollages dès la première année.

Il est intéressant de noter que les semelles Goby, en matériau thermoplastique, se prêtent bien à ce type d’assemblage : la surface est régulière, la compatibilité avec les colles PU est éprouvée et la répétabilité du process en usine est élevée. Dans cette gamme de prix, un collage bien exécuté vaut largement certains montages pseudo‑cousus « décoratifs » que l’on trouve sur des chaussures bas de gamme et qui donnent une fausse impression de solidité.

Finitions intérieures : doublures et semelles de propreté

Les finitions intérieures sont un point fort clairement revendiqué par Goby. La marque insiste sur ses doublures « douces et chaudes » pour les bottines, et sur la toile de coton respirante pour les baskets. Ces matières sont associées à une semelle intérieure en mousse à mémoire de forme, recouverte d’une couche supérieure en coton respirant. Techniquement, cela signifie que la première surface en contact avec votre pied ou votre chaussette est textile, et non synthétique lisse, ce qui améliore à la fois le confort thermique et la gestion de l’humidité.

La présence de semelles de rechange dans la boîte est un autre indice d’attention aux finitions intérieures. Peu de marques dans cette catégorie de prix proposent systématiquement ce type d’accessoire d’ajustement. Concrètement, vous pouvez soit remplacer la semelle à mémoire de forme si vous avez besoin de plus de volume intérieur, soit la doubler avec la semelle fournie pour réduire un léger flottement. C’est en quelque sorte un « micro‑service de cordonnerie » intégré directement à la boîte, ce qui est plutôt rare.

Enfin, les coutures internes et les bordures de doublure jouent un rôle important dans le confort à long terme : une couture mal positionnée peut générer des ampoules, surtout sur des chaussures fermées et montantes. Les retours clients disponibles laissent entendre une bonne satisfaction globale sur ce point, ce qui confirme que l’assemblage intérieur est maîtrisé. Si vous êtes très sensible, vous pouvez néanmoins vérifier à la main l’intérieur de la chaussure pour repérer d’éventuelles surépaisseurs ou arêtes dures.

Contrôle qualité en production : normes ISO et certifications

Goby mentionne l’utilisation de matériaux certifiés selon des normes strictes comme OEKO-TEX®, ce qui couvre la dimension sanitaire et environnementale des composants textiles et synthétiques. En revanche, la marque ne communique pas explicitement sur une éventuelle certification ISO 9001 (management de la qualité) ou ISO 14001 (management environnemental) pour ses sites de production. C’est assez courant pour une marque de mode de ce segment, qui s’appuie souvent sur des ateliers partenaires plutôt que sur des usines en propriété directe.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de contrôle qualité, mais plutôt qu’il est interne et non mis en avant comme argument marketing. Les éléments tangibles en faveur d’un contrôle sérieux sont la garantie de 2 ans, les 30 jours de retour gratuits et les retours d’expérience clients positifs sur la réactivité du service après-vente. Une politique SAV souple est rarement compatible avec une production très aléatoire, car le coût des retours exploserait rapidement.

En pratique, si vous souhaitez évaluer par vous‑même le niveau de contrôle qualité de Goby, vous pouvez vous appuyer sur une petite check‑list à la réception : régularité des coutures, absence de traces de colle débordante, symétrie entre les deux pieds, bon fonctionnement des fermetures éclair et des œillets. Ces quelques vérifications, qui prennent moins de cinq minutes, vous donneront une idée très claire du sérieux de la chaîne de production sur votre paire.

Performance ergonomique et confort podologique des chaussures goby

La promesse de confort occupe une place centrale dans le discours de Goby : semelle à mémoire de forme, doublure chaude respirante, légèreté… Mais comment ces éléments se traduisent‑ils concrètement pour vos pieds au quotidien ? Pour le savoir, il faut analyser la structure interne des chaussures sous l’angle de la biomécanique de la marche : maintien de la voûte plantaire, amorti du talon, flexibilité de l’avant‑pied et gestion de la chaleur et de l’humidité.

Vous n’avez pas besoin d’être podologue pour sentir la différence entre une chaussure basique en carton et une paire pensée pour accompagner la foulée. Comme pour un siège de voiture ergonomique, c’est l’accumulation de petits détails (dureté de la mousse, forme de la semelle, hauteur du talon) qui fait la différence après plusieurs heures d’utilisation. Goby vise clairement un confort « prêt‑à‑porter », accessible à la majorité des pieds, plutôt qu’un chaussant orthopédique très technique.

Support de la voûte plantaire et conformité anatomique

Les semelles intérieures à mémoire de forme utilisées par Goby ont deux fonctions principales : épouser progressivement la morphologie du pied et répartir la pression sur une surface plus large. Contrairement à certaines semelles orthopédiques rigides, la mousse mémoire se déforme en douceur sous la chaleur corporelle et la pression, ce qui maximise le contact entre la plante du pied et la semelle. Résultat : moins de points de pression localisés, notamment sous l’avant‑pied et le talon.

En revanche, ce type de mousse offre un soutien de voûte plantaire modéré : elle remplit les creux, mais ne crée pas un « arc » très structuré comme le ferait une semelle corrective conçue par un podologue. Pour la majorité des utilisatrices qui ne présentent pas de pathologie lourde (pied plat sévère, fasciite plantaire avancée, etc.), ce compromis est suffisant et agréable. Si vous avez déjà des semelles sur mesure, il est d’ailleurs souvent possible de retirer la semelle Goby pour insérer vos propres orthèses, surtout grâce au volume intérieur modulable avec les semelles de rechange.

Le respect de la conformité anatomique passe aussi par la forme générale du chaussant. Les modèles Goby sont décrits comme correspondant à la « norme européenne standard » et les guides de taille insistants sur la mesure précise du pied, avec 0,5 à 1 cm de marge dans la chaussure. Cette approche rationnelle limite les erreurs de pointure et évite les situations fréquentes où l’on achète une chaussure trop courte « parce qu’elle est jolie ». Ici, le design expressif s’accompagne d’une vraie pédagogie sur le choix de la taille.

Propriétés d’amorti et absorption des chocs au talon

Sur le plan de l’amorti, la combinaison semelle thermoplastique + semelle intérieure en mousse à mémoire de forme offre une performance tout à fait correcte pour une utilisation urbaine. Le matériau thermoplastique joue le rôle de « châssis » : il absorbe une partie de l’impact au sol et répartit l’énergie le long de la semelle. La mousse mémoire, plus souple, agit comme un matelas qui amortit les micro‑chocs à chaque pas, un peu comme une surcouche de mousse sur un matelas ferme.

Les hauteurs de talon annoncées (entre 2,7 cm pour les baskets basses et 5 cm pour certaines bottines à talon) maintiennent le pied dans une position intermédiaire, ni totalement plate ni trop inclinée. D’un point de vue podologique, cette légère surélévation du talon peut soulager le tendon d’Achille et limiter les tensions sur la chaîne postérieure, à condition de ne pas être excessive. Pour un port quotidien prolongé, ces hauteurs restent dans une zone raisonnable pour la majorité des pieds.

Évidemment, si vous marchez 15 000 pas par jour sur du béton, une chaussure de running technique restera plus performante en termes d’amorti pur. Mais pour un usage mixte bureau – déplacements urbains – sorties, l’amorti proposé par Goby se situe nettement au‑dessus de simples semelles en carton ou mousse basique que l’on trouve encore sur certaines chaussures de mode. C’est un bon compromis entre esthétique, confort et poids.

Respirabilité et gestion de l’humidité interne

La respirabilité est un point souvent critique sur les chaussures en synthétique. Goby tente d’y répondre par deux biais : une doublure intérieure textile respirante (toile de coton pour les baskets, doublure chaude mais respirante pour les bottines) et une couche supérieure de semelle en coton. Cela crée un chemin pour la vapeur d’eau générée par le pied, qui peut être absorbée par les fibres textiles avant de se diffuser progressivement vers l’extérieur.

Évidemment, un cuir synthétique imprimé restera moins respirant qu’un cuir pleine fleur de haute qualité. Mais grâce à ces couches internes en textile, on évite l’effet « pied dans un sac plastique » que l’on rencontre parfois sur des chaussures 100 % synthétiques d’entrée de gamme. Pour optimiser encore la gestion de l’humidité, il est conseillé d’alterner au moins deux paires de chaussures au quotidien, afin de laisser à chaque paire le temps de sécher complètement entre deux ports.

Si vous avez tendance à beaucoup transpirer des pieds, l’association de la doublure textile et de la semelle coton vous offrira une sensation plus agréable que des matériaux 100 % synthétiques lisses. Vous pouvez également opter pour des chaussettes en fibres naturelles (coton ou laine fine) pour compléter ce dispositif. À l’inverse, pour un usage en plein hiver, les doublures chaudes des bottines Goby créent un micro‑climat confortable, à condition de respecter les conseils de taille pour éviter une compression excessive qui nuirait à la circulation sanguine.

Durabilité et longévité : retours d’expérience utilisateurs sur le long terme

La vraie question derrière « Goby fait‑il des chaussures de qualité ? » est souvent : « Combien de temps vont‑elles durer dans ma vie de tous les jours ? ». Sur ce point, les données disponibles sont encore moins abondantes que pour des marques historiques comme Clarks ou Ecco, mais certains éléments permettent déjà de se forger une opinion raisonnablement informée. On peut croiser trois sources : la nature des matériaux, la méthode de construction et les retours d’utilisatrices publiés sur le site et sur des plateformes externes.

Les avis clients recensés mettent fréquemment en avant le confort immédiat, la qualité perçue des finitions et la réactivité du service après‑vente en cas de défaut. Un exemple mentionne un « petit défaut de fabrication » corrigé rapidement par le SAV, ce qui montre que la marque assume ses responsabilités en cas de problème ponctuel. Ce type de retour est rassurant : aucune production industrielle n’est totalement exempte de défauts, l’important est la manière dont la marque les gère.

En termes de longévité pure, il faut garder en tête que nous sommes sur des chaussures en cuir synthétique imprimé, à semelle collée. Pour un usage modéré (quelques fois par semaine, alterné avec d’autres paires), on peut raisonnablement viser 2 à 3 saisons d’utilisation en conservant un bon aspect esthétique, surtout si l’on respecte les consignes d’entretien (pas de machine à laver, nettoyage doux, ré‑imperméabilisation occasionnelle). Pour un usage intensif quotidien, l’usure de la semelle externe et le marquage du cuir synthétique apparaîtront plus rapidement, comme sur la plupart des chaussures de mode de cette catégorie.

Le point fort de Goby, sur la durée, est davantage la stabilité du design que la patine : les imprimés restent vifs tant que la couche de surface n’est pas abrasée, ce qui donne une impression de « neuf » plus longtemps qu’un cuir qui se ride ou se décolore. En revanche, une fois que la couche externe est rayée ou entaillée profondément, la réparation esthétique est beaucoup plus difficile qu’avec un cuir lisse qui peut être nourri ou recoloré. On est donc davantage dans une logique de soin préventif que de restauration.

Rapport qualité-prix : comparaison avec clarks, ecco et geox

Pour juger sérieusement du rapport qualité‑prix des chaussures Goby, il est utile de les comparer à quelques acteurs bien établis sur le segment des chaussures confort urbaines : Clarks, Ecco et Geox. Ces marques utilisent majoritairement du cuir animal, des semelles en caoutchouc ou PU moulé et mettent en avant des technologies maisons (systèmes d’aération, structures d’amorti, etc.). Leurs prix publics se situent souvent dans une fourchette comparable ou légèrement supérieure à ceux de Goby, selon les modèles et les promotions.

Sur le plan strictement matériel, Clarks, Ecco et Geox conservent un avantage en termes de noblesse des matières (cuirs pleine fleur ou nubuck, parfois doublures cuir) et de respirabilité intrinsèque. Pour une chaussure que l’on souhaite garder 5 ans ou plus, et éventuellement faire entretenir chez un cordonnier, ces marques restent des références solides. En revanche, elles ne jouent que rarement la carte du design très graphique ou du cuir végétalien, ce qui les rend moins attractives si vous cherchez absolument une chaussure végan ou très originale visuellement.

Goby se distingue donc par un positionnement différent : pour un prix généralement inférieur ou équivalent, la marque propose un confort sérieux (mousse mémoire, doublures respirantes), un design très affirmé et un engagement végane. La contrepartie est une durabilité potentiellement moindre qu’un cuir de belle qualité épaissi, et une réparabilité limitée du fait de la construction collée et des matériaux synthétiques. En d’autres termes, vous payez autant pour le style et l’éthique que pour la technicité pure des matériaux.

Si l’on ramène le prix à l’usage réel, le rapport qualité‑prix de Goby est intéressant pour une consommatrice qui : porte ses chaussures en contexte urbain, alterne plusieurs paires, apprécie un design fort et souhaite éviter le cuir animal. En revanche, si votre priorité absolue est la longévité maximale et la possibilité de ressemeler, vous aurez intérêt à vous tourner vers des gammes plus classiques et plus chères, voire vers des marques de cordonnerie traditionnelle. Au final, la « qualité » chez Goby se définit moins comme une quête d’excellence artisanale absolue que comme un équilibre cohérent entre confort, style végan et prix maîtrisé.