
Lorsqu’on évoque les baskets qui ont bouleversé l’industrie des chaussures de sport, la Air Max 1 de Nike s’impose immédiatement comme une référence incontournable. Lancée en 1987, cette silhouette emblématique a redéfini les standards esthétiques et techniques du secteur. Son innovation majeure résidait dans un concept alors radical : rendre visible la technologie d’amorti Air à travers une fenêtre transparente dans la semelle. Cette décision audacieuse a transformé une fonctionnalité technique en élément distinctif visuel, créant un nouveau langage design qui influence encore aujourd’hui les créations de nombreuses marques. Plus qu’une simple chaussure de running, la Air Max 1 est devenue un objet culturel qui transcende sa fonction première pour s’ancrer dans la mode, le streetwear et l’histoire du design industriel.
La technologie air visible de tinker hatfield : genèse d’une innovation disruptive en 1987
L’histoire de la Air Max 1 débute bien avant 1987, dans les années 1970, lorsque Frank Rudy, ingénieur ayant travaillé pour la NASA, propose à Nike un système d’amorti révolutionnaire basé sur des capsules de gaz pressurisé. Cette technologie, baptisée Air-Sole, a été intégrée pour la première fois dans la Tailwind en 1978, marquant le début d’une nouvelle ère pour la marque. Cependant, cette innovation restait invisible, dissimulée dans la semelle, ce qui limitait son impact marketing auprès des consommateurs qui ne pouvaient pas constater visuellement la technologie dont ils bénéficiaient.
Le système de coussin d’air encapsulé dans l’unité polyuréthane transparente
Le coussin d’air de la Air Max 1 fonctionne selon un principe biomécanique ingénieux : une poche hermétique remplie de gaz inerte compressé, généralement de l’azote plutôt que de l’air standard, pour éviter toute dégradation au fil du temps. Cette unité Air-Sole agit comme un système d’absorption des chocs lors de l’impact du talon au sol. L’enveloppe en polyuréthane thermoplastique transparente permet non seulement de contenir le gaz sous pression, mais aussi de rendre visible cette technologie révolutionnaire. Contrairement aux mousses EVA traditionnelles qui perdent leurs propriétés d’amorti avec l’usage, le système Air maintient ses performances sur une durée significativement plus longue, offrant une résilience constante.
Tinker hatfield et l’inspiration architecturale du centre pompidou pour l’esthétique exposed-tech
Tinker Hatfield, architecte de formation diplômé de l’université de l’Oregon, a rejoint Nike en 1981 pour concevoir initialement des espaces commerciaux et des showrooms. Lorsqu’il s’est vu confier la mission de créer une chaussure révolutionnaire, il ne disposait d’aucune expérience en design de sneakers, mais cette perspective fraîche s’est révélée être un atout majeur. Lors d’un voyage à Paris en 1985, Hatfield a été frappé par l’architecture du Centre Georges Pompidou, conçu par Renzo Piano et Richard Rogers. Ce bâtiment expose délibérément sa structure interne : tuyauterie colorée, systèmes de ventilation, escalators extérieurs. Cette approche radicale, qui consiste à transformer les éléments fonctionnels en composantes esthétiques, a inspiré directement le concept de la Air Max 1.</p
En observant le Centre Pompidou, Hatfield a compris qu’il pouvait appliquer la même logique à une chaussure de running : au lieu de cacher la technologie Air dans la semelle, pourquoi ne pas l’exposer, l’assumer et en faire le cœur du design ? La fenêtre découpée dans la semelle intermédiaire de la Air Max 1 est ainsi l’équivalent des tuyaux apparents du bâtiment parisien : une mise à nu de la technique qui devient langage visuel. Cette approche d’exposed-tech a non seulement permis de différencier la Air Max 1 dans un marché saturé, mais elle a aussi posé les bases d’une nouvelle façon de concevoir les baskets de performance, où chaque détail technique peut devenir un véritable signe graphique.
La rupture avec les codes nike établis par bruce kilgore et rob strasser
Au milieu des années 1980, l’ADN design de Nike est fortement marqué par des figures comme Bruce Kilgore, créateur de la Air Force 1, et Rob Strasser, stratège clé du développement de la marque. Leurs modèles phares reposent sur des lignes relativement sobres, des silhouettes pleines, des semelles épaisses mais visuellement compactes. La technologie reste le plus souvent cachée, l’esthétique privilégiant une forme de minimalisme fonctionnel. Dans ce contexte, la proposition de Tinker Hatfield de découper littéralement la semelle pour laisser apparaître un coussin d’air sous pression fait figure de véritable hérésie.
Cette rupture est à la fois visuelle, technique et stratégique. Visuellement, la Air Max 1 rompt avec les volumes compacts de la Air Force 1 et des premiers modèles de running Nike : le talon est évidé, la semelle intermédiaire présente une cavité, et la fenêtre Air attire immédiatement l’œil. Techniquement, Hatfield impose de revoir la construction même de la chaussure, en modifiant les coutures, les densités de mousse EVA et les renforts pour préserver l’intégrité structurelle malgré cette ouverture. Stratégiquement enfin, il s’agit d’un pari : accepter que la technologie Air devienne un élément de communication autant qu’un avantage de performance, au risque de déstabiliser une partie du public traditionnel de Nike.
En interne, plusieurs dirigeants craignent que la bulle visible soit perçue comme fragile, voire gadget. La peur de voir des coureurs douter de la durabilité d’une semelle “percée” est réelle. Mais le PDG de l’époque, Mark Parker, choisit de soutenir Hatfield et son équipe, convaincu que cette audace peut repositionner Nike comme leader de l’innovation dans la chaussure de sport. Ce choix va s’avérer décisif : en 1987, la Air Max 1 incarne une nouvelle phase pour la marque, plus expérimentale, plus architecturale, et profondément centrée sur la démonstration visuelle de la technologie.
Les tests biomécaniques et la validation de l’amorti visible par le laboratoire nike sport research
Si le design de la Air Max 1 est révolutionnaire, Nike ne peut pas se contenter d’un simple coup d’éclat visuel. Pour que la technologie Air visible soit crédible, elle doit être validée scientifiquement. C’est là qu’intervient le Nike Sport Research Lab (NSRL), basé à Beaverton, qui soumet les premiers prototypes à une batterie de tests biomécaniques. Les ingénieurs analysent la répartition des pressions sous le pied, la déformation de la mousse EVA autour de l’unité Air-Sole, ainsi que la réponse élastique du coussin d’air lors de l’impact talon-sol.
Des capteurs de force et des caméras à haute vitesse permettent de comparer la courbe d’amorti de la Air Max 1 à celle de modèles de running traditionnels. Les résultats montrent que le système Air visible offre un pic de pression plus faible au talon, avec une meilleure répartition de la charge sur la durée de l’impact. En d’autres termes, la semelle agit comme un ressort contrôlé : elle se comprime sous la charge, puis restitue une partie de l’énergie, un peu comme un trampoline miniaturisé. Cette restitution d’énergie, couplée à une meilleure durabilité par rapport à une semelle uniquement en mousse, justifie pleinement l’intégration de la fenêtre Air, au-delà de la simple esthétique.
Les tests de flexion répétée et de résistance à la perforation confirment par ailleurs que l’enveloppe en polyuréthane transparente peut supporter des milliers de cycles sans fuite ni déformation majeure, à condition de respecter des contraintes précises d’épaisseur et de collage. Vous vous demandez si cette bulle pouvait éclater au moindre choc ? Les ingénieurs du NSRL ont justement travaillé pour dissiper cette crainte, en validant la robustesse de l’unité dans des conditions extrêmes. C’est cette approche rigoureuse, mêlant innovation visuelle et validation scientifique, qui explique pourquoi la Air Max 1 reste aujourd’hui encore une référence dans l’univers des chaussures de sport.
L’architecture multicouche du upper en mesh et mudguard qui définit le langage design sneaker
Au-delà de sa semelle iconique, la Air Max 1 doit aussi son statut de révolution à la construction de son upper. Tinker Hatfield aborde la tige de la chaussure comme une façade architecturale, structurée par des couches successives de matériaux. Le contraste entre le mesh respirant, les empiècements en suède et le célèbre mudguard enveloppant donne naissance à une silhouette immédiatement reconnaissable. Cette architecture multicouche ne répond pas seulement à des impératifs esthétiques ; elle participe directement au maintien du pied, à la respirabilité et à la durabilité de la basket de running.
La construction panelling avec overlays en cuir suédé et synthétique
La Air Max 1 introduit un système de panelling particulièrement lisible : de larges panneaux de suède ou de cuir synthétique viennent se poser sur une base en mesh, créant des lignes horizontales et diagonales qui structurent visuellement la chaussure. Chaque overlay est positionné avec une fonction précise : renfort latéral pour stabiliser le médio-pied, protection au niveau des zones d’usure et encadrement du Swoosh pour une meilleure lisibilité de la marque. En combinant matières souples et structures plus rigides, Hatfield parvient à offrir un compromis rare à l’époque entre confort et maintien.
Ce jeu de panneaux superposés contribue également à la personnalisation des coloris. En isolant clairement différentes zones, la Air Max 1 devient une toile idéale pour les designers comme pour les collaborations futures. Les blocs de couleurs peuvent être modulés sans altérer l’équilibre général de la silhouette, ce qui explique pourquoi la chaussure se prête si bien aux réinterprétations, du coloris OG University Red aux éditions limitées les plus audacieuses. Si l’on compare à des modèles contemporains plus “monoblocs”, on réalise à quel point cette construction en couches a posé les bases du langage design sneaker moderne.
Le système de laçage asymétrique et l’intégration des œillets métalliques
Autre détail souvent sous-estimé : le système de laçage légèrement asymétrique de la Air Max 1. En positionnant l’ouverture et les rangées d’œillets avec un léger décalage, Nike permet une meilleure adaptation à la morphologie du cou-de-pied. Cette approche limite les points de pression et améliore le verrouillage du pied, en particulier lors des phases de poussée en course. Les œillets supérieurs, parfois renforcés par des éléments plastiques ou métalliques selon les versions, offrent un laçage plus précis qui permet à l’utilisateur de régler la tension indépendamment sur l’avant-pied et le haut du cou-de-pied.
Les œillets métalliques ne sont pas qu’un simple détail esthétique inspiré de l’outdoor ; ils renforcent les zones soumises aux contraintes de traction répétées, prolongeant ainsi la durée de vie de la chaussure. On retrouve ici une logique proche de celle utilisée en architecture pour renforcer les points de jonction d’une structure porteuse. En pratique, cela se traduit par une basket de sport qui reste fonctionnelle même après des mois d’utilisation, que ce soit en running ou en port quotidien. Pour vous, utilisateur, cela signifie un ajustement stable et une sensation de sécurité, là où d’autres modèles de l’époque souffraient de déformations rapides au niveau des œillets.
La conception du toe box renforcé et sa fonction de protection biomécanique
La zone de l’avant-pied, ou toe box, joue un rôle clé dans le confort et les performances d’une chaussure de sport. Sur la Air Max 1, Tinker Hatfield conçoit un toe box relativement spacieux, recouvert de mesh respirant et ceinturé par un renfort en suède qui suit la courbe des orteils. Cette combinaison permet de concilier flexibilité et protection : le mesh accompagne le mouvement naturel des orteils lors de la phase de propulsion, tandis que le renfort limite les torsions excessives et protège des chocs frontaux.
D’un point de vue biomécanique, cette approche réduit les risques d’ongles noirs ou de compressions douloureuses, fréquents chez les coureurs sur route. Le renfort agit comme un pare-chocs discret, un peu comme un bouclier intégré à la carrosserie d’une voiture. En running, il absorbe une partie de l’énergie des impacts avec les irrégularités du sol, tandis qu’en usage lifestyle, il protège la chaussure des frottements et des contacts répétés, par exemple dans les transports ou en milieu urbain. C’est cette attention aux détails fonctionnels, du talon à l’avant-pied, qui explique pourquoi la Air Max 1 reste perçue comme confortable même face à des modèles plus récents.
Le coloris OG university red et les collaborations qui ont transformé la air max 1 en objet culturel
Si la Air Max 1 est d’abord une prouesse technique, elle s’impose aussi comme une icône culturelle grâce à ses coloris et collaborations. Le premier d’entre eux, le fameux University Red, a marqué durablement l’imaginaire collectif. Ce blocage de couleur audacieux, associant une base blanche, des empiècements gris neutres et un rouge vif sur le mudguard et le Swoosh, crée un contraste immédiatement identifiable. Il incarne une époque où la chaussure de running commence à sortir des pistes d’athlétisme pour s’installer dans la rue.
Au fil des décennies, la Air Max 1 devient une plateforme privilégiée pour les collaborations avec des boutiques, des artistes et des designers. Chaque projet apporte une nouvelle lecture de la silhouette, en jouant sur les matériaux, les palettes de couleurs ou même la structure de l’upper. De Patta à Atmos, en passant par les éditions hommage signées Tinker Hatfield lui-même, ces collaborations transforment la Air Max 1 en véritable objet de collection, recherché sur le marché du resell et au cœur des discussions des amateurs de sneakers. Comment une simple chaussure de running a-t-elle pu devenir un “graal” pour collectionneurs ? C’est justement là que les collaborations entrent en jeu.
Le pack patta x nike air max 1 the wave et l’émergence du streetwear premium européen
Le pack Patta x Nike Air Max 1 The Wave, lancé à partir de 2021, illustre parfaitement la capacité de la Air Max 1 à se réinventer tout en restant fidèle à son ADN. Patta, boutique et label néerlandais devenu pilier du streetwear européen, revisite la silhouette en modifiant radicalement le mudguard traditionnel. Celui-ci adopte une forme ondulée – la fameuse “Wave” – qui dynamise le profil de la chaussure et rappelle les mouvements organiques d’une vague ou d’une dune. Ce choix n’est pas anodin : il apporte une touche de fluidité à une silhouette historiquement structurée par des lignes horizontales.
Les différents coloris du pack – Monarch, Aqua Noise, Rush Maroon ou encore Black – mêlent teintes nostalgiques et accents contemporains, symbolisant l’héritage Air Max et l’évolution du streetwear premium européen. Patta ne se contente pas de changer les couleurs ; la marque raconte une histoire visuelle, soutenue par des campagnes vidéos centrées sur la communauté et l’identité culturelle. Pour le consommateur, ces Air Max 1 The Wave deviennent plus qu’une basket : un manifeste esthétique et social, preuve que la Air Max 1 reste un support pertinent pour exprimer les codes d’une nouvelle génération.
Atmos elephant et safari print : la réinterprétation des motifs animaliers iconiques
Parmi les collaborations les plus célèbres sur la Air Max 1, les éditions Atmos Elephant et Safari occupent une place à part. La Atmos Elephant, initialement sortie en 2007 puis rééditée après un vote public en 2016, associe un motif “peau d’éléphant” gris et noir à un Swoosh turquoise éclatant. Le contraste entre cette texture minérale et la couleur vive du logo crée une tension visuelle unique, immédiatement reconnaissable. Ici, la Air Max 1 devient presque une pièce de design graphique portable, où chaque panneau joue le rôle d’un élément de composition.
Le Safari Print, inspiré d’un motif introduit par Nike dès 1987 sur la Air Safari, transpose l’imaginaire animalier sur la Air Max 1. Les empiècements évoquant une peau tachetée viennent souligner le mudguard et certaines zones de l’upper, créant un jeu de textures qui contraste avec le mesh et le cuir lisse. Ces choix esthétiques démontrent à quel point la silhouette de 1987 est suffisamment solide pour accueillir des expérimentations graphiques sans perdre son identité. Pour de nombreux collectionneurs, ces paires représentent le croisement parfait entre performance, histoire de la marque et culture sneaker.
Les éditions anniversary master et sketch to shelf par tinker hatfield en 2017
En 2017, à l’occasion du 30e anniversaire de la Air Max 1, Nike célèbre son héritage avec plusieurs éditions spéciales. La Anniversary Master rend hommage aux coloris et motifs les plus emblématiques de la gamme en combinant, sur une même paire, des éléments de différents modèles cultes : Elephant Print, Safari, blocs de couleurs OG, etc. Le résultat est une sorte de “patchwork maîtrisé”, qui condense trente ans d’histoire Air Max sur une seule silhouette. C’est un clin d’œil assumé aux collectionneurs, pour qui chaque élément de design évoque une paire, une année, un moment de culture sneaker.
La Sketch to Shelf, elle, replonge directement dans le processus créatif de Tinker Hatfield. La chaussure reprend le design de la Air Max 1 OG, mais y superpose des annotations, des traits de crayon et des indications techniques imprimées sur l’upper, comme si l’on voyait le croquis initial matérialisé sur le produit fini. Cette approche fait de la basket un document de travail vivant, un peu comme si l’on exposait les plans d’un monument sur sa façade. Pour vous, amateur de design, c’est l’occasion rare de comprendre comment une idée passe du carnet de croquis aux rayons des boutiques.
Sean wotherspoon corduroy et l’intégration du design durable dans les collaborations heritage
La collaboration avec Sean Wotherspoon, bien que centrée sur une Air Max 1/97 hybride, a profondément marqué la perception de la Air Max 1 dans l’univers des collaborations heritage. Le créateur, figure de la culture vintage et cofondateur de Round Two, imagine une silhouette combinant la semelle Air Max 1 et l’upper ondulé de la Air Max 97, entièrement réalisé en velours côtelé multicolore. Ce choix de matériau, inspiré des vêtements de seconde main et des textures rétro, introduit une dimension tactile et durable dans l’univers Air Max : le velours peut être usé, patiné, personnalisé, à la manière d’un jean ou d’une veste de travail.
Au-delà de l’esthétique, le projet Wotherspoon met en avant une sensibilité plus responsable, encourageant le port prolongé, la customisation et le soin apporté aux matières. Dans un contexte où la durabilité devient un enjeu majeur pour l’industrie de la sneaker, cette approche résonne fortement. On peut y voir une extension naturelle de la philosophie de la Air Max 1 : une chaussure pensée pour durer, tant par sa technologie d’amorti que par sa capacité à s’adapter aux nouveaux discours, qu’il s’agisse de streetwear, de culture vintage ou de consommation plus consciente.
La semelle intermédiaire en mousse EVA et l’unité Air-Sole : anatomie d’un système d’amorti révolutionnaire
Pour comprendre pourquoi la Air Max 1 reste une révolution majeure dans l’univers des chaussures de sport, il faut examiner en détail son système d’amorti. La semelle intermédiaire combine une mousse EVA classique – légère, compressible – et l’unité Air-Sole visible au talon. L’EVA assure une première couche de confort, en épousant progressivement la forme du pied, tandis que l’unité Air, elle, garantit la stabilité et la restitution d’énergie sur le long terme. C’est un peu comme si l’on associait un matelas moelleux à un réseau de ressorts calibrés : l’un apporte la douceur, l’autre la structure.
La conception de cette semelle exige un dosage précis des densités de mousse autour de la fenêtre Air. Trop souple, la mousse risquerait de s’affaisser rapidement et de fragiliser l’unité ; trop ferme, elle nuirait au confort immédiat recherché par les coureurs et les utilisateurs au quotidien. Les ingénieurs Nike doivent donc jouer sur l’épaisseur, la compression et le profil de la semelle, en accentuant notamment la courbure au niveau de l’avant-pied pour favoriser une transition fluide du talon vers la pointe. Vous avez peut-être remarqué cette sensation de bascule progressive en marchant avec une Air Max 1 : elle résulte directement de ce travail d’optimisation biomécanique.
Un autre point clé réside dans la durabilité de l’ensemble. Là où une semelle intégralement en mousse EVA tend à perdre jusqu’à 30 % de ses capacités d’amorti après plusieurs centaines de kilomètres, les données internes de Nike ont longtemps mis en avant la capacité du système Air à conserver une grande partie de ses performances initiales. L’enveloppe en polyuréthane agit comme une chambre à air scellée, où la pression du gaz reste stable dans le temps. Pour l’utilisateur, cela se traduit par une chaussure qui reste confortable même après des mois de port intensif, faisant de la Air Max 1 un investissement plus pérenne qu’une simple basket de saison.
L’influence de la air max 1 sur l’évolution du design sneaker de 1987 à aujourd’hui
Depuis sa sortie en 1987, la Air Max 1 a profondément influencé l’évolution du design sneaker, bien au-delà de la seule gamme Air Max. Son principe fondateur – rendre visible la technologie – se retrouve désormais dans d’innombrables modèles, toutes marques confondues. Des semelles translucides aux renforts apparents, en passant par les structures de tiges découpées pour dévoiler des systèmes de câblage interne, l’esthétique exposed-tech est devenue un standard. On peut dire que la Air Max 1 a ouvert la voie à une génération de chaussures “didactiques”, qui montrent ce qu’elles font plutôt que de le cacher.
Au sein même de Nike, la Air Max 1 sert de point de départ à une lignée entière : Air Max 90, 95, 97, 2003, jusqu’aux VaporMax et Air Max 270. Chaque modèle pousse un peu plus loin le principe de l’air visible, en l’étendant à l’avant-pied, puis à toute la longueur de la semelle, ou en dissociant les pods d’air pour une flexibilité accrue. Pourtant, malgré ces évolutions spectaculaires, de nombreux designers continuent de citer la Air Max 1 comme une référence en matière d’équilibre visuel et de fonctionnalité. C’est un peu la “charte” sur laquelle se mesure chaque nouvelle expérience autour de l’amorti Air.
L’impact de la Air Max 1 se ressent aussi dans le passage de la performance au lifestyle. À partir des années 1990, la chaussure quitte les pistes de course pour s’imposer dans les scènes hip-hop, skate et streetwear. Son langage formel – blocs de couleurs nets, matériaux contrastés, bulle visible – devient un code visuel de la culture urbaine, autant qu’un signe d’appartenance à une communauté de passionnés. Aujourd’hui, quand une marque souhaite lancer une sneaker “lifestyle performance”, elle reprend souvent ce mélange de technologie exhibée et de coloris forts que la Air Max 1 a contribué à codifier.
Enfin, l’influence de la Air Max 1 se manifeste dans le rapport entre design et storytelling. Chaque nouvelle paire de sneakers iconique cherche désormais à raconter une histoire : inspiration architecturale, références culturelles, clins d’œil à des villes ou des communautés. Tinker Hatfield avait ouvert la voie en revendiquant explicitement son inspiration du Centre Pompidou ; depuis, cette transparence créative est devenue la norme. En tant que consommateur, vous n’achetez plus seulement une chaussure de sport, mais une narration, un concept, un morceau d’histoire du design. Et dans cette évolution, la Air Max 1 reste un jalon incontournable.
Le positionnement marché et la stratégie de distribution qui ont construit le statut de grail sneaker
Si la Air Max 1 est aujourd’hui considérée comme une “grail sneaker” par de nombreux collectionneurs, ce n’est pas uniquement grâce à son design ou à sa technologie. Le positionnement marché et la stratégie de distribution de Nike ont joué un rôle majeur dans la construction de ce statut. À l’origine, la Air Max 1 est commercialisée comme une chaussure de running haut de gamme, avec un prix supérieur à la moyenne du marché, justifié par la présence de la technologie Air visible. Ce positionnement premium performance la distingue des autres modèles de la gamme, tout en préparant le terrain pour son adoption par le grand public en quête d’innovation et de style.
Au fil des années, Nike va progressivement déplacer la Air Max 1 vers un registre plus lifestyle, sans jamais renoncer à cette aura de performance. Les rééditions limitées, les coloris exclusifs pour certaines boutiques (Quickstrike, TIER 0, etc.) et les collaborations soigneusement sélectionnées contribuent à créer un sentiment de rareté. Cette rareté, qu’elle soit réelle (quantités limitées) ou perçue (distribution sélective), alimente la demande sur le marché secondaire. Certaines éditions Atmos, Patta ou Wotherspoon atteignent des prix de revente plusieurs fois supérieurs au tarif retail, renforçant l’idée que la Air Max 1 est un objet de collection autant qu’une chaussure de sport.
La stratégie de communication de Nike, en particulier autour du Air Max Day instauré le 26 mars, joue également un rôle central. Chaque année, la marque célèbre l’héritage de la gamme avec des campagnes dédiées, des contenus vidéo, des votes participatifs pour le retour de modèles cultes, et bien sûr des sorties limitées très attendues. Ce rendez-vous annuel transforme la Air Max 1 en symbole d’une communauté globale : celle des amateurs de sneakers, qui suivent l’actualité des sorties, débattent des meilleurs coloris et traquent les paires qu’ils considèrent comme leurs “grails”.
Pour vous, consommateur ou collectionneur, cette stratégie a deux effets. D’un côté, elle entretient la désirabilité et la valeur perçue de la Air Max 1, en en faisant une pièce forte de toute rotation de baskets. De l’autre, elle vous invite à faire des choix : privilégier la paire OG University Red rééditée fidèlement, rechercher une collaboration spécifique qui correspond à votre univers, ou miser sur des versions plus accessibles mais tout aussi porteuses de l’ADN Air Max. Quoi qu’il en soit, la Air Max 1 reste au cœur de l’écosystème Nike, comme un repère incontournable dans un marché des chaussures de sport en constante évolution.